Aimer le beau, bricoler et refuser la consommation Ă outrance, nous amĂšne souvent Ă dĂ©tourner objets et matĂ©riaux variĂ©s. C’est ainsi que j’ai commencĂ©, il y a quelques annĂ©es, Ă crĂ©er mes propres outils de dessin.
TrĂšs vite, cette pratique a pris une dimension artistique Ă part entiĂšre. Ma premiĂšre expĂ©rience avec les matiĂšres vĂ©gĂ©tales a Ă©tĂ© dĂ©terminante. Je dĂ©couvrais enfin des outils avec lesquels j’osais crĂ©er grand, sans retenue et surtout avec beaucoup de joie! Quel Ă©merveillement de voir combien cela aidait Ă dĂ©velopper mon style graphique!
Cette exploration fait partie du Défi créatif des quatre saisons avec deux invitations plastiques à explorer. Je te propose ici mon approche créative et sensorielle pour trouver ton propre langage pictural.

I. Pourquoi fabriquer ses propres outils de dessin ?
Fabriquer ses outils de dessin pour approcher un geste plus instinctif et personnel
Retrouver une relation sensorielle au dessin
Fabriquer son outil engage les sens avant mĂȘme de dessiner.
Selon la matiĂšre et la forme de l’outil, le corps s’adapte diffĂ©remment:
- Une longue branche invitera le bras Ă se dĂ©ployer, Ă trouver son Ă©quilibre dans l’espace.
- Une petite éponge demandera à densifier les appuis, ralentir le geste, affiner la perception de la surface.
Poids, souplesse, texture de l’outil sont des informations sensorielles qui induisent et nourrissent le geste.
Le dessin devient une façon d’Ă©veiller les sens et de dĂ©couvrir son propre corps crĂ©ateur.
Accueillir l’imprĂ©vu comme matiĂšre artistique
Tenir pour la premiĂšre fois un outil que l’on vient de fabriquer crĂ©e une attente particuliĂšre. Quelle trace va-t-il laisser ? Va-t-il accrocher le papier ou glisser dessus ? La trace sera-t-elle continue ou fragmentĂ©e ?
On prĂȘte alors attention aux premiĂšres sensations : le poids de l’outil, notre respiration, la concentration qui s’installe.
On observe la façon dont le geste s’ajuste et, sur le papier, la trace qui se forme.
Cette qualitĂ© d’attention transforme l’acte de dessiner. L’intention crĂ©atrice se prĂ©cise autrement, comme une rĂ©ponse Ă ce qui Ă©merge, plutĂŽt qu’un plan Ă exĂ©cuter. Cette disponibilitĂ© est au cĆur de ce qu’on nomme « dessin instinctif » ou « dessin spontanĂ© ».
L’imprĂ©vu nourrit le geste autant qu’il l’invente.

Créer ses propres outils de dessin : une réponse à des besoins personnels ou artistiques
Dans l’histoire de l’art, des artistes ont poussĂ© cette dĂ©marche bien au-delĂ de l’improvisation. Ils ont conçu leur propre matĂ©riel de dessin pour rĂ©pondre Ă une nĂ©cessitĂ© prĂ©cise â physique ou artistique.
Adapter l’outil Ă un geste ou Ă une contrainte physique
Chaque trace porte l’empreinte du corps qui l’a produite : son amplitude, sa mobilitĂ©, sa relation Ă l’espace. Certains artistes ont choisi de travailler avec cette rĂ©alitĂ© en inventant un matĂ©riel de dessin appropriĂ©.
Pour ses grandes fresques murales, Matisse voulait saisir l’ensemble de la composition en dessinant. Pour peindre directement Ă l’Ă©chelle rĂ©elle, il a fixĂ© un fusain au bout d’une longue canne de bambou. Cette extension lui permettait de travailler debout. Bien sĂ»r, la flexion du bambou introduisait un frĂ©missement dans ses traits mais le peintre a su en faire une ressource.
Cette imperfection produisait ce qu’il cherchait : des lignes chargĂ©es de vie et d’Ă©nergie !
La perte de maĂźtrise fine libĂšre ainsi l’essentiel : le mouvement, l’Ă©lan, la synthĂšse du geste.
AmputĂ© d’une jambe, Hans Hartung avait pour devise : « Rester libre. D’esprit, de pensĂ©e, d’action.» Il a rĂ©inventĂ© son matĂ©riel en dĂ©tournant de nombreux outils de milieux diffĂ©rents. Ses rĂąteaux Ă©taient, par exemple, modifiĂ©s pour glisser sur la toile en sillons rythmĂ©. De grandes branches d’arbustes lui permettaient Ă©galement de couvrir de larges surfaces.

Inventer des outils de dessin pour servir une recherche artistique singuliĂšre
Pour d’autres artistes, l’invention d’un outil rĂ©pond Ă une dĂ©marche diffĂ©rente.
Qu’il conduise Ă une contrainte posturale ou Ă une quĂȘte spirituelle, tout matĂ©riel de crĂ©ation engage une attention particuliĂšre. Miniature ou disproportionnĂ©, l’outil non conventionnel invite l’artiste Ă aiguiser sa concentration. Le corps entre ainsi dans une forme de prĂ©sence active.
Fabienne Verdier cultive cette qualité de présence à travers ses pinceaux monumentaux suspendus à des structures mobiles. Bras tendus, poids du corps déplacé, respiration accordée au mouvement : chaque tracé engage la totalité du corps.
D’autres artistes franchissent encore une Ă©tape en abandonnant le support lui-mĂȘme. Le dessin se fait dans l’espace, avec fil, laine, matiĂšres tressĂ©es ou autres. La ligne n’est plus dĂ©posĂ©e sur une surface mais habite le volume.
Marinette Cueco tresse des plantes sauvages (graminĂ©es, herbes, tiges) cueillies dans la nature. Ses Ćuvres ne sont pas des tissages au sens traditionnel. Ce sont des dessins suspendus dans l’espace.
Chiharu Shiota tisse des milliers de fils rouges ou noirs dans l’espace d’une salle entiĂšre. Ses installations crĂ©ent des rĂ©seaux denses, des profondeurs, des volumes. Comme un plan architectural en volume, la ligne dessine l’espace.

II. Reconsidérer notre rapport aux outils de dessin
RedĂ©couvrir l’outil de dessin comme prolongement du corps
Le philosophe Merleau-Ponty dĂ©crivait un phĂ©nomĂšne remarquable. Ă force d’utiliser un outil, on cesse de le percevoir comme un objet extĂ©rieur. On perçoit Ă travers lui.
RedĂ©couvrir cela dans sa propre pratique de dessin demande un temps d’incorporation. C’est le temps que l’outil cesse d’ĂȘtre un objet tenu et devienne une extension naturelle du geste.
Rebecca Horn a poussĂ© cette idĂ©e jusqu’Ă ce que corps et outil se confondent. Son corps entier â sa posture, ses dĂ©placements, ses tremblements â dessine avec des « prothĂšses » artistiques.
DĂ©placer l’idĂ©e du « beau dessin » vers l’expĂ©rience du geste
L’idĂ©e du « beau dessin » n’est pas neutre. Elle porte l’histoire d’une hiĂ©rarchie esthĂ©tique construite en Europe Ă partir de la Renaissance. La ressemblance et la maĂźtrise technique y sont devenues les seuls critĂšres du dessin rĂ©ussi. Cette hiĂ©rarchie a traversĂ© les siĂšcles, s’est installĂ©e dans les acadĂ©mies, dans les Ă©coles. Et finalement dans notre propre regard sur notre travail.
Jean Dubuffet appelait cela l’« asphyxie culturelle » : l’Ă©touffement progressif de l’expression spontanĂ©e par les normes acquises. L’art brut qu’il dĂ©fendait portait une autre valeur : l’intensitĂ© de la prĂ©sence et non la perfection du rendu.
DĂ©placer l’idĂ©e du « beau dessin » ne revient pas Ă rejeter la technique. C’est repositionner la question.
Au lieu de chercher si le dessin est rĂ©ussi, on cherche ce qu’il exprime. L‘expression personnelle par le dessin prime sur la performance. La maladresse cesse d’ĂȘtre un problĂšme. Elle devient une information sur le geste, sur notre Ă©tat intĂ©rieur, sur ce que la matiĂšre a voulu dire.
Les enfants dessinent pour le plaisir de tracer, de remplir l’espace du support et de voir la matiĂšre s’y dĂ©poser. Le rĂ©sultat ne les prĂ©occupe pas encore : ils sont entiĂšrement et naturellement dans le faire. Ils expriment ce qu’ils ressentent ou ce qu’ils savent d’une chose. Ces choix ne sont pas des erreurs mais des prioritĂ©s expressives. L’enfant dessine ce qui compte, dans l’ordre oĂč ça compte. Il n’a pas encore appris Ă corriger selon un modĂšle extĂ©rieur.

III. Créer ses outils de dessin : trois familles à explorer
MatiĂšres organiques : les outils du vivant
Chaque matiĂšre organique ouvre une façon diffĂ©rente d’aborder le geste â sur le papier, dans la matiĂšre, ou dans l’espace.
Tu peux en explorer de nombreuses, seules ou combinées :
- fibres végétales : raphia, bambou, herbes tressées
- mousses et lichens (frais ou séchés)
- écorces variées
- racines (taillĂ©es ou non, Ă©crasĂ©es…)
- tiges creuses, feuilles effilochées
- fagots, brindilles
- branches souples (osier, saule, vigne…)
- graminĂ©es et fibres longues (joncs, roseaux, filaments d’ortie, de maĂŻs…)
Avant la standardisation des outils, toutes les civilisations fabriquaient leurs instruments Ă partir de ce que leur environnement offrait.
Dans le zenga japonais, Hakuin Ekaku (1686-1769) travaillait avec des fibres végétales brutes aux traits imprévisibles.
Questionnements durant le processus de création
Commence par quelques traits sans intention. Observe ce que la matiĂšre produit naturellement. Change ensuite un paramĂštre Ă la fois â pression, vitesse, dilution de l’encre â et observe Ă nouveau.
Ces questions peuvent t’accompagner tout au long de l’exploration :
- Cet outil de dessin permet-il un geste continu, saccadé, ample ou délicat ?
- Que produit-il selon la pression, la vitesse, la direction du geste ?
- Comment réagit la matiÚre sur les supports (sec/humide, lisse/rugueux) ?

Industriels ou détournés : les objets fabriqués
Ă mesure que les civilisations se sont industrialisĂ©es, un nouveau rĂ©servoir d’outils est apparu.
Détourner des objets pour dessiner, peindre avec des objets du quotidien ouvrent un champ graphique inattendu !
Certains de ces objets portent une histoire : la trace qu’ils laissent n’est jamais tout Ă fait neutre.
Tu peux en explorer de nombreux, seuls ou combinés :
- bouchons, capsules, couvercles
- éponges industrielles
- carton, grillage, filets et bulles de plastic
- tissus, ficelles
- fragments de bois, métal ou verre
- objets usĂ©s porteurs d’une histoire
Questionnements durant le processus de création
Comme pour les matiĂšres vivantes, commence par quelques traits sans intention. Observe ce qui se passe, puis change un paramĂštre Ă la fois.
Pour aller plus loin, pose-toi ces questions :
- Comment cet objet interagit-il avec le mĂ©dium â absorbe-t-il, distribue-t-il, repousse-t-il ?
- Sa texture produit-elle un motif, une ligne ?
- Que se passe-t-il quand tu le charges (encre, pigment, etc…) et quand tu l’utilises presque Ă sec ?
Assemblés ou transformés : les outils à construire
Construire ton outil avant de dessiner avec est dĂ©jĂ un acte crĂ©atif. Le choix des matiĂšres premiĂšres et leur assemblage font partie sinon de l’oeuvre, du moins, du processus de crĂ©ation.
Quelques directions pour commencer :
- outils hybrides (deux matiÚres ou objets liés ensemble)
- extensions (tiges, manches allongés, cannes)
- outils suspendus (pendu Ă un fil, Ă une structure mobile)
- assemblages textiles (fibres ou chiffons liés à un support)
- bouquets de branches avec différentes matiÚres
- systÚmes articulés (outil qui bascule, pivote, oscille)
La longueur, le poids, la souplesse ou l’instabilitĂ© d’un outil assemblĂ© changent entiĂšrement le rapport au geste. Et souvent, l’outil ne se comporte pas comme on l’avait imaginĂ©. Cette surprise fait partie du processus.
La maladresse provoquĂ©e par ces outils â trop grands, trop lourds, trop souples â prend forme ici d’une maladresse choisie. Elle devient, avec son vocabulaire graphique, une qualitĂ© de langage qui lui est propre et inĂ©dite.
Questionnements durant le processus de création
Construis ton outil, trace quelques lignes, puis varie sa construction pour l’adapter Ă ta recherche ou tes caractĂ©ristiques physiques.
Ces questions peuvent guider l’exploration :
- Que change l’allongement de l’outil â dans l’amplitude, dans la prĂ©cision ?
- Comment le corps s’ajuste-t-il quand l’outil est plus lourd ou plus souple qu’attendu ?
- Quel vocabulaire graphique la maladresse génÚre-t-elle ?

IV. Explore ton propre langage pictural
Deux invitations pour entrer dans ta propre pratique :
Invente ton outil de dessin
Fabrique un outil que tu n’as jamais tenu. Il n’a pas besoin d’ĂȘtre parfait ou abouti.
L’idĂ©e est de crĂ©er quelque chose qui dĂ©place tes habitudes de geste et de regard.
Quatre directions possibles :
–Un outil du vivant, choisi ou ramassĂ© dans ton environnement. Laisse la matiĂšre dicter une partie du geste.
–Un outil dĂ©tournĂ©, un objet qui n’a pas Ă©tĂ© conçu pour dessiner. Quelque chose d’usĂ©, de trouvĂ©, ou qui porte une histoire.
–Un outil construit, assemblĂ© Ă partir de deux matiĂšres/objets ou plus. Une extension de bras, un assemblage textile, un systĂšme articulĂ©.
–Un outil extrĂȘme, en dehors de toute norme de taille ou de fonction :
- minuscule : il oblige Ă une concentration extrĂȘme du geste
- trĂšs grand : il engage le corps entier dans l’espace
- suspendu : il oscille entre l’intention et le hasard
- multiple : plusieurs outils tenus ensemble, traçant simultanément
Une fois ton outil fabriqué, teste-le en variant la matiÚre, le geste, le support, le format.
Cet exercice de dessin crĂ©atif t’invite Ă explorer les possibilitĂ©s du dessin sans technique prĂ©alable.
L’outil n’est jamais figĂ© : ses possibilitĂ©s s’ouvrent au fur et Ă mesure que tu explores.
RĂ©alise l’Ă©cosystĂšme de ton outil
Le geste crĂ©atif commence dĂšs que tu conçois l’outil.
Sa fabrication, sa prĂ©sence dans l’espace, son existence en dehors du dessin â tout cela appartient dĂ©jĂ Ă l’Ćuvre.
Cette invitation te propose de créer autour de ton outil :
- un systĂšme pour le suspendre ou l’exposer
- un dispositif de présentation ou de conservation
Fabrique-les avec ce que tu as : textile, argile, papier mùché, matériaux recyclés, etc.

CrĂ©er ses outils de dessin : une place laissĂ©e au vivant, au jeu, Ă l’imprĂ©vu
Il y a une joie particuliĂšre Ă tenir dans ses mains l’outil que l’on a fabriquĂ©.
La psychologie positive le rappelle : crĂ©er par soi-mĂȘme est l’un des piliers du bonheur.
Travailler avec des outils qu’on invente transforme progressivement la façon de regarder, de ressentir, d’habiter le geste crĂ©atif. C’est le dĂ©but d’un langage qui se construit dans la durĂ©e et la rĂ©pĂ©tition.
Alors observe ce qui revient : ces constantes sont ta signature. Pas besoin de maĂźtrise technique pour avoir un langage. Pas besoin de permission pour expĂ©rimenter. La singularitĂ© Ă©merge Ă force de gestes rĂ©pĂ©tĂ©s, d’outils choisis, de traces accumulĂ©es.
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Tu peux trouver toutes sortes d’astuces dans les articles du DĂ©fi crĂ©atif des 4 saisons :
- DĂ©fi artistique: 2 façons dâexplorer ton espace quotidien
- Comment rĂ©veiller ton enfant intĂ©rieur pour cultiver un regard dâartiste
- Dessin de fleurs facile : deux astuces pour une interprétation personnelle
Et pour revenir facilement à cet article, épingle une des images ci-dessous dans tes tableaux Pinterest :



Résumé
Fabriquer ses outils de dessin à partir de matériaux organiques ou récupérés transforme notre façon de créer. Chaque instrument ainsi inventé engage le corps, éveille les sens et nous ouvre à une pratique plus instinctive et personnelle. Au fil des expérimentations, notre langage pictural se révÚle singulier et vivant.
FAQ
- Comment fabriquer ses propres outils de dessin ?
Fabriquer ses propres outils de dessin ne demande ni technique particuliĂšre ni matĂ©riel coĂ»teux. Il suffit de choisir une matiĂšre â vĂ©gĂ©tale, rĂ©cupĂ©rĂ©e ou assemblĂ©e â et de l’adapter Ă sa façon de tracer. - Quels matĂ©riaux naturels peut-on utiliser pour dessiner ?
Les matĂ©riaux naturels pour dessiner sont nombreux. Les fibres vĂ©gĂ©tales, les mousses, les Ă©corces, les racines ou les branches souples s’utilisent comme pinceaux vĂ©gĂ©taux improvisĂ©s. Dessiner avec des matĂ©riaux naturels change le rapport au geste. Chaque matiĂšre a son propre comportement graphique, sa propre façon de laisser une trace. - Comment trouver son style de dessin grĂące aux outils fabriquĂ©s ?
Trouver son style de dessin ne se dĂ©cide pas. En rĂ©pĂ©tant des gestes avec des outils fabriquĂ©s par soi-mĂȘme, certaines constantes Ă©mergent. Une façon de tenir l’outil, une pression naturelle, des matiĂšres vers lesquelles on revient. Ces rĂ©currences constituent progressivement un langage graphique personnel. - Comment dessiner librement sans technique prĂ©alable ?
Dessiner librement sans technique prĂ©alable est l’un des buts de cette pratique. Une pratique artistique intuitive ne requiert ni apprentissage acadĂ©mique ni maĂźtrise du geste. Elle demande surtout une disponibilitĂ© : observer ce qui se passe, accueillir l’imprĂ©vu, laisser le geste se prĂ©ciser. Le dessin instinctif se dĂ©veloppe dans l’exĂ©cution, pas dans la thĂ©orie. - Comment libĂ©rer son geste crĂ©atif grĂące Ă ses propres outils ?
LibĂ©rer son geste crĂ©atif passe souvent par un changement d’outil. Quand l’outil est inconnu â parce qu’on vient de le fabriquer â le contrĂŽle se relĂąche naturellement. On observe plutĂŽt qu’on dirige. On est davantage dans l’exploration que la correction. Dans cet espace, l’expression personnelle par le dessin trouve sa place : un geste artistique libre, singulier, vivant.
Une fois de plus, je me retrouve complĂštement dans ton article. En musique, on peut parler du groupe « les fo’ plafonds » qui joue des morceaux connus en utilisant des objets du quotidien, comme une friteuse, un bol d’eau ou un vĂ©lo. MĂȘme si dans leur cas, il est davantage question de dĂ©tournement que de communion !
Merci Denis, je ne connais pas ce groupe, je vais aller voir ça!
Merci pour cet article passionnant, qui montre l’importance des outils en art. En effet, on peut aller beaucoup plus loin que le matĂ©riel habituel proposĂ© en magasin et crĂ©er ses propres outils adaptĂ©s Ă sa pratique, ou permettant d’Ă©voluer. Il est possible aussi de crĂ©er ses propres pigments. Tout un monde de dĂ©couvertes !
Merci de ton retour Alexandra! Je commence à faire des recherches sur les pigments: passionnant mais assez « touchy » je trouve!!
Mais quelle bonne idĂ©e tu nous soumets lĂ Sylvie ! On comprend immĂ©diatement que fabriquer son outil, câest commencer Ă crĂ©er autrement. Cela peut vraiment transformer le geste, le regard et la maniĂšre de crĂ©er. Merci pour cette rĂ©flexion trĂšs inspirante.
Et oui, Laura, l’acte de crĂ©er est avant tout la capacitĂ© Ă dĂ©tourner, s’adapter Ă la matiĂšre etc! J’aime passĂ© ce temps Ă cette activitĂ©: cela me plonge dĂ©jĂ dans la suite et ouvre l’esprit Ă de nouvelles crĂ©ations possibles!
Fabriquer ses propres outils de dessin, câest finalement sortir des rĂšgles pour retrouver le plaisir brut de crĂ©er đ. Jâai remarquĂ© dans mon parcours crĂ©atif que câest souvent quand on ose expĂ©rimenter quâon dĂ©couvre un style plus libre et plus authentique. đ Merci pour ce partage Sylvie ! C’est le style d’article que j’adore lire ! HĂąte de dĂ©couvrir les prochains !
Merci Cindy. Effectivement, il y a une sorte de plaisir trÚs « primitif » à créer ses propres outils!
En tant qu’artiste dĂ©butant Ă l’aquarelle, c’est vrai que parfois, je me sens « limité » par les outils-pinceaux que j’ai avec moi – je n’en ai pas beaucoup vu que je dĂ©bute et que je ne souhaite pas m’encombrer de trop d’ustensiles divers.
Hier, en l’occurrence, je me suis lancĂ© dans une reproduction des oiseaux du bonheur – Birds of Happiness je crois – style de phĂ©nix trĂšs colorĂ© blindĂ© de dĂ©tails
En commençant par le masquage, je me suis trÚs vite retrouvé « bloqué » par mon outil-pinceau « standard » pas du tout adapté à ce que je souhaitais faire.
Merci Sylvie, tu viens de me « dĂ©bloquer » la crĂ©ativitĂ© en me « permettant » de travailler avec mes propres outils. La prochaine ballade en forĂȘt, voire juste dans mon jardin, je regarderai ce que la nature a Ă nous offrir sans frais comme prolongement de la main !
Merci pour ce retour, François! Heureuse que cela puisse libĂ©rer ta crĂ©ation. N’hĂ©site pas Ă me soumettre tes problĂ©matiques, au besoin!
Ton article me rappelle Ă quel point on peut parfois se bloquer tout seul en pensant quâil faut le bon matĂ©riel, le bon pinceau ou la bonne technique avant de commencer.
Fabriquer ses propres outils, câest une super idĂ©e car ça remet le plaisir dâexplorer et dâessayer au centre. On sort un peu du mental pour revenir au geste, Ă la curiositĂ© et Ă lâexpĂ©rimentation.
Jâapprends aussi que Matisse fixait un fusain au bout dâune canne de bambou pour dessiner autrement. En fait ça montre bien que les contraintes et les imperfections peuvent devenir une vraie source de crĂ©ativitĂ©.
Merci encore Sylvie pour ce partage. à chaque fois, tes articles donnent envie de tenter quelque chose de différent, de faire davantage confiance à son intuition et de simplement se mettre en mouvement.
Merci pour ton retour! Je dirais mĂȘme, de façon presque « animiste », que c’est notre intuition qui nous amĂšne Ă crĂ©er les outils dont on a besoin…!!
Finalement, inventer ses outils de dessin c’est dĂ©marrer sa dĂ©marche artistique globale. Votre article est trĂšs inspirant et donne envie de tester des choses ! Merci
Merci, Sandrine. J’ai, en effet, une vision holistique de l’art, qui part de notre intuition, s’en rĂ©fĂšre Ă notre corps, s’inspire de la nature, du quotidien etc… Un art complet, en somme, pour trouver et dĂ©velopper qui nous sommes.